Par Blue Bottle
J’ai été témoin le week end dernier d’une technique rare. Je me baladais sur les grands boulevards de Paris, près des Galeries Lafayette. Un aveugle auquel personne n’avait vraiment prêté attention demanda à ce qu’on l’aide à traverser. Etant moi-même plein de compassion envers les handicapés, je me suis empressé de rester immobile en espérant que l’infirme agrippe le bras de quelqu’un d’autre, une bonne âme allait bien finir par s’occuper de l’infortuné. Une vieille lui pris alors la main pour l’aider. J’étais sauvé. Arrivé au milieu de la rue, j’entendis l’aveugle s’adresser à sa guide pour lui demander quelques menues piécettes pour se sustenter. La vieille était apparemment rompue aux techniques de la guérilla urbaine, genre balançage de sac Vuiton dans les valseuses de la première racaille venue car elle lâcha immédiatement le racketteur pour continuer son chemin vers d’autres cieux (ou magasins).
L’aveugle fut pris en charge par un second gogo qui voyant la scène sans entendre les paroles vint à son secours. Il fut cette fois-ci plus chanceux car il réussit à glaner quelques écus.
Une fois arrivé de l’autre coté de la rue, l’aveugle n’attendit même pas que son sauveur soit parti et se mit à beugler « quelqu'un pourrait-il m’aider à traverser s’il vous plaît ? ». La boucle
était bouclée. J’ai vraiment été impressionné par la haute technicité de la méthode repoussant toutes les limites de la pudeur et du savoir-vivre, un véritable terroriste anti-fraternité... A
quand les pickpocket simulant des attaques cardiaques pour subtiliser les portefeuilles de leurs sauveteurs ?
Je fus assez
occupé la semaine dernière et je vous ai quelques peu délaissé. Je vais vous conter ce qu’il se passe dans ma vie ces derniers temps. J’ai eu la joie d’être contacté par un chasseur de tête. Le
mec m’annonça qu’il était mandaté par un nouvel acteur du secteur pour trouver la perle rare et développer le business… En entendant le terme nouvel acteur j’eus immédiatement l’image d’une
petite boîte qui se jète sur tous les petits contrats dont personne ne veut.
Il arrive régulièrement que nous autres "bien portant" soyons obligés de nous
excuser. La jalousie à notre égard m'agace. Nous sommes heureux et avons de plus belles gonzesses. Pourquoi devrions-nous nous excuser de tout?
J’ai un ami
fonctionnaire, j’entends d’ici vos cris d’orfraies : « Ah, berk ! Blue Bottle côtoie des petites gens ». J’en suis désolé moi-même mais chacun a ses pauvres, moi j’ai mon fonctionnaire. J’ai connu
le bougre au lycée, il brillait déjà à l’époque par sa capacités à se fondre dans le décor tel le caméléon sur un arbre perché. Il avait une technique de mimétisme très impressionnante qui
consistait en de lents et amples mouvements pour ne faire qu’un avec son camarade de devant. Il était de fait rarement interrogé par les prof. De tout temps il a brillé par sa transparence grâce à
une solide volonté de ne jamais sortir du rang. Son ambition n’a jamais dépassé le la contemplation du monde, assis dans un siège IKEA, un verre de mauvais vin à la main. Un Jean-Foutre sans
vergogne, répondant : « Keskya ? Je m’en bas les steack ! » à toute demande un peu trop pressante.
J’aimerais vous parler aujourd’hui
d’un peuple qui m’est cher : Les Roumains. Certains représentants de ce peuple font preuve d’une telle ingéniosité au quotidien pour abuser de la gentillesse que je me sens un peu roumain dans
l’âme.
Planète : Soleil
Lorsqu’on est un ambitieux à la limite de
la mégalomanie, il faut arriver à comprendre les moteurs de ses collègues et supérieurs… Il s’agit ensuite de placer sur le sol quelques morceaux de fromage pour que tous les ratons avancent dans
la direction voulue croyant tomber sur une réserve de gruyère.
Chaque jour que dieu fait
je suis obligé de faire attention à mon image. Je me pâme alors devant le premier stylo recyclé que je vois, surtout s’il a été assemblé par des myopathes malaisiens et acheminé par un bon vieil
aéroplane russe, aussi efficace énergétiquement que ma grand-mère Parkinsonienne lorsqu’elle joue aux dominos.
Il y a peu j’allais à l’étranger accompagné d’un collègue pour régler
une affaire urgente. Le collègue en bon vantard s’était targué de « la patate incroyable » de son GPS dernière génération. A peine eûmes-nous dépassé la frontière que le sus-mentionné GPS de la
mort refusa de nous indiquer la moindre route. Après avoir quelque peu fustigé le manque de sérieux de l’inconséquent collègue, je décidai de mander notre chemin à un badaud. Intimidés par les
autochtones, nous choisîmes la solution de facilité en interrogeant un couple de compatriote.