Jeudi 20 mars 2008

Par Blue Bottle

J’ai été témoin le week end dernier d’une technique rare. Je me baladais sur les grands boulevards de Paris, près des Galeries Lafayette. Un aveugle auquel personne n’avait vraiment prêté attention demanda à ce qu’on l’aide à traverser. Etant moi-même plein de compassion envers les handicapés, je me suis empressé de rester immobile en espérant que l’infirme agrippe le bras de quelqu’un d’autre, une bonne âme allait bien finir par s’occuper de l’infortuné. Une vieille lui pris alors la main pour l’aider. J’étais sauvé. Arrivé au milieu de la rue, j’entendis l’aveugle s’adresser à sa guide pour lui demander quelques menues piécettes pour se sustenter. La vieille était apparemment rompue aux techniques de la guérilla urbaine, genre balançage de sac Vuiton dans les valseuses de la première racaille venue car elle lâcha immédiatement le racketteur pour continuer son chemin vers d’autres cieux (ou magasins).


L’aveugle fut pris en charge par un second gogo qui voyant la scène sans entendre les paroles vint à son secours. Il fut cette fois-ci plus chanceux car il réussit à glaner quelques écus.

Une fois arrivé de l’autre coté de la rue, l’aveugle n’attendit même pas que son sauveur soit parti et se mit à beugler « quelqu'un pourrait-il m’aider à traverser s’il vous plaît ? ». La boucle était bouclée. J’ai vraiment été impressionné par la haute technicité de la méthode repoussant toutes les limites de la pudeur et du savoir-vivre, un véritable terroriste anti-fraternité... A quand les pickpocket simulant des attaques cardiaques pour subtiliser les portefeuilles de leurs sauveteurs ?

par Blue Bottle publié dans : Pensées et philosophie de l'art d'être mauvais communauté : Telle est le monde !
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Lundi 10 mars 2008
Par Blue Bottle

vainqueur-copie-1.jpgJe fus assez occupé la semaine dernière et je vous ai quelques peu délaissé. Je vais vous conter ce qu’il se passe dans ma vie ces derniers temps. J’ai eu la joie d’être contacté par un chasseur de tête. Le mec m’annonça qu’il était mandaté par un nouvel acteur du secteur pour trouver la perle rare et développer le business… En entendant le terme nouvel acteur j’eus immédiatement l’image d’une petite boîte qui se jète sur tous les petits contrats dont personne ne veut.

En bon emmerdeur public, j’ai donc bien entendu pris rendez-vous avec le chasseur de tête pour lui exprimer toute ma motivation : je lui annonçai même que j’eusse aimé passer dans une plus petite structure avec des circuits de décisions plus courts (le seul argument des petites boites pour faire rêver le cadre moyen). Il s’empressa donc de me faire rencontrer ses clients, content d’avoir trouvé le pigeon idéal…

Pour vous en dire un plus il s’agit d’une petite boîte française qui ne se sent plus car elle a décroché trois contrats, tenez-vous bien, leur siège social est situé en province… Comment ces bouseux pouvaient-ils s’imaginer toucher des doigts un pur-sang comme moi ?

En arrivant dans leurs locaux, je sentis tout de suite l’ambiance chaleureuse qui règnait en ces lieux, le doux accent de l’hôtesse d’accueil était déjà une invitation au rêve… La vulgarité du personnel féminin se mariait finement avec les moquettes verdâtres et dégueulasses de l’entrée. On se serait cru dans un bordel de tijuana. On ne m’offrit même pas de café à mon arrivé pour me conduire directement auprès d’un homme qui avait la classe d'un entrepreneur en bâtiment qui s'avéra être adjoint du DG. En discutant je compris rapidement qu’ils me voulaient à tout prix : ce n’est pas tous les jours qu’un gars de la capitale s’abaisse à entrer dans leur repère ! Après avoir échangé les banalités d’usage sur ma motivation et mes rêves pavillon Mikit, j’attaquais les conditions matérielles que j’attendais d’un employeur digne de ce nom. Je ne demandais pas moins qu’une augmentation de 50% de mon salaire actuel car « je prenais un risque énorme en m’engageant dans une petite entreprise qui débutait dans le milieu ». Déglutissant à l’annonce de mes prétentions, il me dît qu’il fallait qu’il en parle au PDG car je dépassais l’enveloppe prévue. Je fus surpris qu’il ne m’éjecta pas d’emblée, je demandais un fixe ahurissant et un variable abracadabrantesque.

Finalement ils me rappelèrent en me proposant un package bien en dessous de mes réclamations mais avec un bel effort que je tiens à saluer ici. Ils avaient compris que trois merdes culinaires locales ne suffiraient pas à capturer un parisien.
Je déclinais l’offre, partant en seigneur, en leur rappelant qu’habitant dans la ville lumière il fallait y mettre le prix, d’autant plus qu’étant dans une grande multinationale je ne pouvais me confondre avec une petite PME fusse-t-elle constituée d’un millier d’employés.

Il ne faudrait pas que ce genre de choses se reproduisent trop souvent car cela produit un effet désastreux sur ma mégalomanie galopante.
par Blue Bottle publié dans : Pensées et philosophie de l'art d'être mauvais communauté : Vive le désordre !
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Vendredi 29 février 2008
Par Blue Bottle

BMW.gifIl arrive régulièrement que nous autres "bien portant" soyons obligés de nous excuser. La jalousie à notre égard m'agace. Nous sommes heureux et avons de plus belles gonzesses. Pourquoi devrions-nous nous excuser de tout?

La plèbe a un pouvoir d’achat stagnant, c’est regrettable mais je n’irai pas verser une larmouille pour autant. La populace a tout de même la télévision pour se divertir pendant que moi je sauve des vies chaque jour au bureau. Je mérite mon destin!

Mes ancêtres et moi-même avons travaillés pour nous hisser jusqu’à l’élite et nous sommes aujourd’hui doté de solides gênes en choisissant des mariages avantageux pour notre lignée (ce que nos amis de la légion étrangère au Laos appellent l’intelligence de la bite). Chacun a l’arrogance qu’il peut, et moi j’en ai à revendre !

Quelques amis des pauvres m’enverront sans doute quelques mails d’insultes, mais qu’importe ! Je suis supérieur, je le sais. Je vivrais plus longtemps et je le prouve :

Pauvres

Nous


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Mercredi 27 février 2008
fonctionnaire.jpgJ’ai un ami fonctionnaire, j’entends d’ici vos cris d’orfraies : « Ah, berk ! Blue Bottle côtoie des petites gens ». J’en suis désolé moi-même mais chacun a ses pauvres, moi j’ai mon fonctionnaire. J’ai connu le bougre au lycée, il brillait déjà à l’époque par sa capacités à se fondre dans le décor tel le caméléon sur un arbre perché. Il avait une technique de mimétisme très impressionnante qui consistait en de lents et amples mouvements pour ne faire qu’un avec son camarade de devant. Il était de fait rarement interrogé par les prof. De tout temps il a brillé par sa transparence grâce à une solide volonté de ne jamais sortir du rang. Son ambition n’a jamais dépassé le la contemplation du monde, assis dans un siège IKEA, un verre de mauvais vin à la main. Un Jean-Foutre sans vergogne, répondant : « Keskya ? Je m’en bas les steack ! » à toute demande un peu trop pressante.

C’est en toute logique par la suite qu’il a embrassé une carrière dans la fonction publique. Il s’est battu pendant 5 ans pour obtenir un bureau dans lequel il serait seul pour pouvoir glander. Son travail est tout aussi inintéressant que répétitif : il étudie des dossiers de demandes à longueur de journées. Il use et abuse de son petit pouvoir pour asseoir sa domination sur le monde, il faut dire qu’il dispose d’une arme ultime : un tampon magique. Il a le pouvoir de dire si oui ou non un dossier est complet avant qu'ils ne passent en commission. Il valide les dossiers au compte goutte et de manière assez aléatoire, quand un dossier ne lui plait pas il le remet en bas de la pile ou le classe parmi les dossiers incomplets. Il rejette systématiquement les dossiers remplis en noir car ils sont trop « déprimant » m’a-t-il confié. Autant vous dire qu’il ne fait preuve de zèle que pour trouver les nouveaux forum de discussion sur lesquels il passe ses journées.

L’ami si tu passes dans le coin n’hésite pas à nous laisser à un petit message.
par Blue Bottle publié dans : Pensées et philosophie de l'art d'être mauvais communauté : Vive le désordre !
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Vendredi 15 février 2008
Par Blue Bottle

medium_mendiante-02-wb-450.gifJ’aimerais vous parler aujourd’hui d’un peuple qui m’est cher : Les Roumains. Certains représentants de ce peuple font preuve d’une telle ingéniosité au quotidien pour abuser de la gentillesse que je me sens un peu roumain dans l’âme.

J’étais dans le métro quand une mama roumaine au visage burinée par les années quêtait. Elle  traînait la patte à la façon d’un vieux cerf ayant une sauvestre fiché dans l’arrière train. S’appuyant sur sa canne, elle scruta l’auditoire. Son œil expert détecta immédiatement ma Rollex ( un modèle authentique acheté à un vendeur black sur un parking). Mon petit air de catho premier de la classe invitait une fois de plus l’étranger en mal de pitance à venir quémander auprès de moi… Bref je devais suinter le pognon et la connerie à ce moment car elle s’arrêta net à mon niveau et m’interpella d’un français approximatif :
« missieu, rifugié romanie, bisoin d’aide, j’y trouve pas travail tris courageux » en me tendant une main avide de piécettes sonnantes et trébuchantes.

Je lui répondis, affable, « mais bien entendu madame, je vais vous aider, il faut bien donner un coup de main de temps en temps ! Recontactez-moi dès demain ! » en lui tendant ma carte de visite.

La vieille femme un peu étonnée pris la carte de visite puis me remercia d’un large sourire édenté pensant avoir enfin trouvé le pigeon en or… Dans la mythologie roumaine, le pigeon en or est une sorte de Saint Graal, il n’apparaît qu’une fois par siècle selon la croyance populaire locale. L’affaire était dans le sac. En sortant de la rame, la roumaine, naguère clopinante à la limite de la paraplégie, s’offrit même le luxe d’un petit bond pour courir jusqu’au prochain wagon. J’imagine que ma gentillesse avait miraculeusement pansé ses maux.
La petite jeune fille assise en face de moi me fit alors un grand sourire, rassurée. Il existait encore des gens biens dans ce monde de brutes. Si j’en avais eu le temps j’aurais bien fait connaissance pour lui expliquer mes rêves de petite maison dans la prairie, mais une réunion politique m’attendait au bout du chemin. J’avais fait le bien en mettant un peu de bonheur et de chaleur humaine dans les cœurs d’une mendiante et d’une jeune fille en fleur. La vile chenille avait enfin laissé place à un beau papillon : j’étais devenu Michael Knight, un chevalier des temps modernes… Ou pas !

k2000.jpg

























Pour l’épilogue, je dois vous avouer que la carte de visite offerte à la mendiante n’était pas la mienne. Elle appartenait à un connard de client : ce bougre avait eu l’audace de me faire miroiter la voie lactée avant de me proposer un tas de fumier : voilà une offense dûment châtiée.
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Jeudi 7 février 2008
Par Blue Bottle

lion.jpg Planète : Soleil
Planète en exil : Saturne
Elément : Feu

Signe de feu, vous commencez à chauffer votre entourage. N'aimant pas les demi-mesures et animé par votre idéalisme, vous avez tendance à trop user de votre autorité et faites même parfois preuve d'intolérance.

Orgueilleux, imbu de votre personne et égocentrique, vous croyez être aimé mais détrompez vous : les autres font semblant pour avoir la paix.

Pour servir vos ambitions, vous ne renâclez pas à la tâche, bien au contraire : vous jouissez d'humilier les autres ce qui fait que vous êtes, comme tout Lion qui se respecte, les rois des connards et des enfoirés.

Vous êtes un leader naturel, mais vous n'avez réussi qu'en écrasant les autres et en crachant votre venin. Vous êtes arrogant et vaniteux, et encore ce ne sont ici que vos qualités. Pour les défauts, je ne préfère pas en parler. La plupart des Lion finissent ministres ou bien ils sont assassinés par des ex-collègues.

Cette nouvelle année vous apportera bonheur et prospérité professionnelle : votre supérieur aura un malheureux accident de la route.

Lion célèbre : Napoléon


Pour d'autres signes c'est ici
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Mardi 29 janvier 2008
Par Blue Bottle

icar.jpgLorsqu’on est un ambitieux à la limite de la mégalomanie, il faut arriver à comprendre les moteurs de ses collègues et supérieurs… Il s’agit ensuite de placer sur le sol quelques morceaux de fromage pour que tous les ratons avancent dans la direction voulue croyant tomber sur une réserve de gruyère.
Mener votre troupeau vers des rêves plus beaux, n’est pas une mince affaire car si rat aime le fromage, il n’en est pas moins intelligent et ne doit pas être pris pour plus bête qu’il ne l’est. Le bon mythomane se doit donc d’être précautionneux et de respecter la loi du 80/20 : 80% de vérité pour 20% d’esbroufe et de cerises sur le gâteau. En ne respectant pas ce quota, on vous range inéluctablement dans la catégorie des arracheurs de dents et s’en est fini de vous et de votre si belle carrière. Pour illustrer cette leçon j’aurais aimé vous parler de Jérôme Kerviel capable de détrousser la Société Générale d’un petit clic de souris, mais les éléments me manquent. Connaissez-vous en revanche la merveilleuse histoire de Jean-Paul Ney ?

Ce monsieur, naguère professeur de sport, est devenu un des plus grands journalistes spécialistes de la défense que la France ait porté. Son CV est d’ailleurs imposant, il a écrit de nombreux livres sur la défense nationale, travaillé pour France 2 et Canal + et j’en passe et des meilleurs. Mais voilà le bougre a eu le malheur de se fâcher avec un autre journaliste, Antoine Champagne qui s’est mis à fouiller systématiquement la vie de notre bonhomme. Un procès s’en est suivi et a pu mettre en évidence la mythomanie chronique de Monsieur Ney en particulier :

- Son CV, quand plusieurs de ses proches collaborateurs se souviennent vaguement de lui en assurant qu’ils n’ont jamais travaillé avec lui.

- Sur ses sites Internet où il va jusqu’à étoffer son équipe avec des experts imaginaires à base de Google image.

- Son dernier livre est préfacé par Nicolas Sarkozy, alors qu’il s’agit d’un copié collé d’un discours de notre brave président.

Je pensais qu’avec une telle audace, le bougre était totalement enterré, mais voilà qu’aujourd’hui, ce grand reporter réapparaît sur la scène médiatique emprisonné dans des geôles africaines après une tentative de coup d’état en Côte d’Ivoire. La plupart des grands médias se sont empressés de reprendre au premier degré la plaidoirie des autorités d’Abidjan : Jean-Paul Ney serait une affreuse barbouze française qui roulerait pour Coulibaly Ibrahima alias IB, un opposant local. En tant que spécialiste es pipeau, je tiens à tirer mon chapeau à monsieur Ney… Qui a réussi à devenir le Bob Denard du 21ème siècle.
Ayant une si « belle » réputation sur le net et un casier judiciaire, je me demande encore comment un homme censé peut-il imaginer une seconde que Ney ait été recruté par les services secrets français ?

Je crains malheureusement que ce confrère, un peu trop pressé, en soit à son baroud d’honneur : tel Icarus, il était à deux doigts de toucher le firmament… Attention, la chute risque d’être bien rude l’ami !
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Vendredi 25 janvier 2008
Par Blue Bottle



La saison politique commence à reprendre du poil de la bête. Etant moi-même engagé à mon modeste niveau dans ces élections, promettant la lune à quiconque se propose de voter pour ma liste, l’ordure que je suis se devait de rendre un hommage à un homme qui a su rester exemplaire tout au long de sa carrière. Il constitue pour moi un modèle qui a réussi maintenir son action dans une honnêteté intellectuelle et une droiture abracadabrantesques. Je veux bien entendu parler du grand Président de la République Jacques Chirac.
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Vendredi 18 janvier 2008
Par Blue Bottle

pneu-rhone.jpegChaque jour que dieu fait je suis obligé de faire attention à mon image. Je me pâme alors devant le premier stylo recyclé que je vois, surtout s’il a été assemblé par des myopathes malaisiens et acheminé par un bon vieil aéroplane russe, aussi efficace énergétiquement que ma grand-mère Parkinsonienne lorsqu’elle joue aux dominos.
Heureusement quand je suis à l’abris du regard d’autrui, livré à moi-même, je peux enfin m’abandonner à mes petits travers anti-écologiques.

Je surfais tranquillement en recherchant des infos sur quelques verdoyantes billevesées quand je suis tombé sur ce site. Il s’agit d’une association touchante de naïveté qui propose de recenser les dépôts d’ordures sauvages et de venir les nettoyer un peu plus tard… Pour cela il suffit de leurs envoyer un mail avec une photo du tas d’ordures et d’une position sur une carte mappy. Une idée vraiment bonne car elle est à la fois simple et suffisamment high tech pour faire rêver trois élus et donc grappiller quelques précieuses subventions.

A l’heure où l’on condamne honteusement une grande entreprise exemplaire comme Total pour trois moules mazoutées, j’ai voulu rassurer tous les pollueurs que compte notre belle nation : Blue Bottle veille et rendra coup pour coup.

J’ai tenu à être moi-même le premier à attaquer ces « rubbish busters ». J’ai alors ouvert négligemment google image d’un rapide clic de souris je leur ait envoyé un mail totalement bidon. J’en appelle désormais aux forces vives de la nation, votre action au quotidien peut faire la différence, un petit mail bombing des familles devrait réduire à néant leurs ridicules velléités.

L’art d’être mauvais c’est aussi s’acharner sur des inconnus qu’on ne verra jamais, juste pour le plaisir de détruire leurs idées. Plus l’idée à broyer est naïve et pure plus la joie éprouvée est intense !
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Mercredi 9 janvier 2008
mercedes.jpgIl y a peu j’allais à l’étranger accompagné d’un collègue pour régler une affaire urgente. Le collègue en bon vantard s’était targué de « la patate incroyable » de son GPS dernière génération. A peine eûmes-nous dépassé la frontière que le sus-mentionné GPS de la mort refusa de nous indiquer la moindre route. Après avoir quelque peu fustigé le manque de sérieux de l’inconséquent collègue, je décidai de mander notre chemin à un badaud. Intimidés par les autochtones, nous choisîmes la solution de facilité en interrogeant un couple de compatriote.
« C’est bout de cette route » nous indiqua le jeune homme empli d’une bonhomie certaine. Ce n’est qu’une demi-heure plus tard que sa fourberie nous parut évidente car les panneaux, eux, ne mentent que très rarement.

C’est alors que je ressentis, outre une petite douleur dans le bas fondement, une émotion inconnue : l’exquise fierté d’être français. Par toutes mes petites mesquineries quotidiennes, n’exalterais-je pas le sentiment patriotique du peuple Français ? Nous autres, dignes descendants de Philippe le Bel, connaissons la valeur de la Fraternité que nous brocardons sur le fronton de nos bâtiments officiels. Nous savons tendre la main au compatriote au bord du précipice… pour la lui retirer au dernier moment !
par Blue Bottle publié dans : Pensées et philosophie de l'art d'être mauvais communauté : Telle est le monde !
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