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Ecraser ses collègues au boulot

Lundi 2 juin 2008

Mes très chers amis,

A force de machinations machiavéliques, votre serviteur a enfin réussi à grimper un échelon de cette fameuse échelle sociale et chose incroyable : j’arrive à m’occuper toute la journée autrement qu’en surfant. Alors que je bullais royalement il y a encore quelques mois, maintenant je tourne dans les bureaux pour mettre des taquets à qui lèveraient les yeux de son écran pendant ma petite tournée d’inspection. Je vous résume le plus beau coup de ma toute jeune carrière d’emmerdeur professionnel :

Moi : - Vanessa, qu’est-ce que c’est que ce Bordel ?

Elle me regarde interrogative et effrayée de ses petits yeux porcins.

Moi : - je t’ai dit 10 fois de me refaire mes tableaux de bords, il y a au moins 10.000 fautes d’orthographe dans les titres. (je lui avais fait une remarque alors qu’elle partait en vacances).

Elle baisse les yeux en s’excusant

Moi : - Tu te fous de ma gueule ? Il va dire quoi le boss quand je vais lui montrer ça ? J’ai une réunion avec lui dans 30min ! Tu veux me faire virer, c’est ça ?

Elle se met à sangloter en me disant qu’elle est désolée.

Moi : - Qui m’a donné du personnel aussi incompétent ?!? Reprends-toi, tu ne pourras pas dire que tu n’as pas été prévenue. Dépêche-toi de refaire les tableaux au lieu de rester là à pleurer comme un veau.


J’étais assez fier de moi, Vanessa est l’une de mes têtes de turques préférées. Elle a soufflé ses 45 bougies il y a peu et porte les stigmates de deux grossesses consécutives et d’une consommation abusive de nounours à la guimauve… J’adore hurler sur les gros d’abord parce qu’ils sont laids et grotesques et ensuite parce qu’ils deviennent tout rouge et qu’on voit de petites gouttelettes de sueur perler sur leur front. Hurlez sur un gros porc, c’est très amusant, vous verrez. Des années de quolibets à l’école les ont conditionné, ils de baissent les yeux au quart de tour. Je recommande à tous les managers de prendre au moins un gros dans leur équipe ça permet d’éviter de se faire accuser de discrimination et ça resserre les liens du reste de l’équipe.

Par Blue Bottle
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Vendredi 14 mars 2008
Par Blue Bottle


fille-qui-pleure.jpg Plus le temps avance plus j’arrive à me convaincre que je me suis irrémédiablement éloigné de ma condition première d’être humain. Suis-je un ersatz de méduse échouée sur la terre ferme au milieu d’un banc de sardine? Je me demande parfois.
J’étais hier avec un collègue en train de me diriger vers un pub improbable histoire de le cuisiner un peu pour qu’il lâche de l’info quand nous croisâmes une petite gosse qui faisait de la trottinette à vive allure. Cette sale mioche tomba à 2 mètres de nous, une chute assez violente, à vu de nez, sa tête avait même heurté le sol, voilà pour la description du tableau.

En voyant cette scène j’eus immédiatement un petit rire automatique, cet enfant était si grotesque allongé dans le caniveau, les mains ensanglantées… Mais voilà qu’en un éclair mon collègue se jeta sur elle pour le prendre dans ses bras et vérifier qu’il n’avait rien. Comment pouvait-il ramasser cette morveuse alors qu’il avait un costard Armani sur le dos? La réponse était pourtant évidente : il était humain. Quant à moi, j’ai l’outrecuidance de croire que j’ai réussi à me débarrasser de cette tare depuis bien longtemps, à l’adolescence, par hasard, un peu comme une pucelle perd son hymen sur la banquette arrière d’une 205 kid.

Un spectateur aurait pu voir que je riais et que je n’avais aucune compassion pour la gosse, j’en ai encore froid dans le dos. C’est dans ce genre de cas extrêmes que je suis vulnérable, il me fallut bien 30 secondes pour comprendre et faire semblant de m’intéresser à la vie de la gamine. Je suis dépourvu de ces automatismes, mes réseaux neuronaux ne s’affolent pas particulièrement lorsque je vois la souffrance d’autrui. Plus de peur que de mal pour le petit, moi, j’étais horrifié par la saleté de cet enfant morveux, suant et saignant. Devant une telle déchéance, un tel manque de savoir vivre, je me dis qu’on devrait vraiment autoriser l’avortement sur les fœtus de moins de 10 ans.

Bien heureusement, mon collègue ne vit rien de mon dégoût et je pus lui payer deux bonnes grosses pintes pour délier sa langue. Après tant d’émotions, il fut très prolixe et me décrivit sans fausse pudeur tous les projets de son service.
Par Blue Bottle
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Mercredi 12 mars 2008
Par Blue Bottle

mortelle.jpg La vie est douce ces temps-ci, je n’ai plus rien à faire au boulot… Mon brave stagiaire s’active dans tous les sens pendant que je bulle tranquillement.
Ce matin en arrivant j’ai reçu un mail de N+2 (le boss de mon boss). Il me convie à le rencontrer, la semaine prochaine pour "discuter de mon avenir". Deux possibilités, soit il a grillé que j’étais aussi productif qu’un myopathe dans une rizière et veut donc me virer soit il veut me proposer de remplacer mon N+1 qui est censé partir rejoindre le cimetière des éléphants (en être à son niveau à son âge il faut vraiment pas être doué).
Je privilégie la seconde proposition : la promotion. Je vais aujourd’hui vous ouvrir mon cœur, car je suis un peu inquiet. Je m’étais habitué à faire des journées de 9h dont 8h de surf sur le net. Je suis un bon tyran qui maîtrise vraiment bien les trois crevettes qui n’osent pas bouger une antenne sans me demander l’autorisation. Il est vraiment impressionnant de les voir s’activer dès que je hausse un peu la voix, puis de les voir sourire quand je leur tape dans le dos. Ils sont pitoyables certes mais ce sont mes pitoyables… Aurais-je le temps de les molester quand je serai un peu plus haut ? Je me suis attaché à eux comme on s’attache à un vieux chien malade ou à des bibelots criards que tata paulette avait posés sur sa cheminée.

En attendant, je suis sur des charbons ardents ce matin, mais je dois rester discret. J’ai fait le tour de mes blogs préférés mais il n’y a pas grand chose à me mettre sous la dent, chaque minute me semble une éternité. Je viens de voir que la politique informatique venait de changer : un petit nouveau (cadre niveau 1A) vient de recevoir un magnifique écran Samsung 19 pouces… Moi j’ai un sale DELL 17". Je ne sais pas pourquoi mais je sens que mon écran va bientôt tomber en panne. Je vais d’abord essayer de faire un court circuit par la prise VGA avec un trombone, une de mes armes préférées. Si cela ne suffit pas je mettrais un peu d’eau savonneuse sur les circuits vers 18h juste après le passage de la femme de ménage. J’ai en somme des activités saines et productives aujourd’hui.
Par Blue Bottle
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Mercredi 20 février 2008
cafard.jpg Je commence véritablement à acquérir de véritables compétences de management : je donne des ordres tout en m’attribuant le travail d’autrui avec une sagacité certaine, à commencer par les rapports.

Lorsqu’on relit un document, il faut absolument s’attacher aux détails et être très pointilleux. Evidemment je me contente de reprendre l’introduction et la conclusion, je ne tiens pas à être le seul con à lire le corps d’un rapport. Quand j’ai un petit coup de blues ou que je m’ennuie, je deviens irascible. Je conspue alors ostensiblement le premier grouillot qui passe à ma portée, ce fut cette semaine le tour de mon stagiaire : Jean. Je l’ai épinglé à cause d’un copié coller hâtif dans l’intro qui ne voulait rien dire… En temps normal j’aurais corrigé moi-même car le petit traite un paquet de dossiers, il est donc inévitable qu’il reste des erreurs, mais j’avais besoin ce jour là d’incendier quelqu’un. Je lui ai donc fait un coup spécial alors que je le croisais dans un couloir :
- Dis-moi Jean, tu n’aurais pas des origines pakistanaises par hasard ?
- Euh, non pourquoi ? Répondit-il
- Alors ça te posera pas de problème de refaire ce dossier dans un français correct ! Lui lançais-je en lui jetant son dossier.
Mon dieu quelle jouissance de voir quelqu'un s’écraser face à son autorité !

Le point d’orgue de ma technique de management c’est d’offrir régulièrement des cafés, des viennoiseries et des barres chocolatées à l’équipe (mon stagiaire, l’assistante et une assistante stagiaire.
Je passe ainsi pour quelqu’un d’exigeant mais qui sait récompenser ses sous-fifres… Quand je vois leur faciès comblés en grignotant leurs friandises, je me dis que l’homme n’est finalement pas si loin du cafard. On sous-estime trop souvent le pouvoir incroyable du glucose !
J’ai constaté avec amusement que mon supérieur a voulu me jouer la même blague en tentant de me récompenser avec un bon resto, il a déchanté quand je m’en suis servi pour négocier lors de mon entretien annuel de perf pour lui réclamer une augmentation substantielle de mon bonus. Voyant qu’il ne pouvait pas me flouer même avec une cote de bœuf. Il m’a fait un petit sourire et m’a proposé 120%. J’ai accepté et l’entretien était terminé… Ma promotion s’approche enfin, je la sens, affaire à suivre.
Par Blue Bottle
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Mardi 5 février 2008
Par Blue Bottle
cesar.jpg Mes très chers amis, je vous le contais dans un de mes derniers billet : je viens de faire l’acquisition d’un nouveau stagiaire. Une fois n’est pas coutume, j’ai choisi un homme pour m’épauler dans ma lourde mission. Je ne suis pas devenu soudainement homosexuel mais j’ai décidé de changer de stratégie, je n’avais de toute façon pas le choix : le fait est que la seule candidate attirante m’avait avoué être maman. L’ayant assuré que cela ne posait aucun problème je m’empressais de ne pas la recontacter.

Je sens de plus en plus la promotion poindre au bout de mon chemin et il me faut désormais mettre les bouchées doubles... Ou en tout cas en donner l’impression ! C’est dans cet esprit que j’ai décidé de commencer à constituer ce que j’aime à appeler « ma garde prétorienne » : une équipe de stakhanovistes serviles à souhait qui pourrait me propulser vers les sommets. Pour commencer, j’ai pris soin de choisir un jeune homme aux canines acérées, il veut bouffer le monde ce charmant bambin… Tant mieux ! En attendant il bouffe du dossier à la chaîne, ça devrait le combler pour un petit bout de temps. Je lui parle sans arrêt d’un hypothétique poste qui devrait s’ouvrir en 2009 et je vois à chaque fois ses petits yeux s’illuminer, j’en serais presque ému. Pour le récompenser de tout ce travail, j’ai commandé un ordinateur portable pour lui, il va même pouvoir emporter des dossiers dans son studio pourri ! Que demande le peuple ?!?

J’avais short-listé 3 jeunes hommes pleins d’ambition, j’ai beaucoup hésité à prendre celui qui avait falsifié un de ces diplômes car je me sentais des atomes crochus avec lui. Mais prétendre avoir un MBA HEC à 24 ans était vraiment trop audacieux. J’ai finalement choisi le plus utile pour moi : celui qui disposait d’une belle 407. A chaque rendez-vous à l’extérieur il me conduit, je ne manque pas de lui expliquer que je fais ça pour lui apprendre le métier alors que vous comme moi connaissons la réponse : j’aime me pavaner dans un bonne bagnole. Je dois avouer que je suis loin de regretter mon choix.
Par Blue Bottle
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Mardi 22 janvier 2008
Par Blue Bottle

triste.jpg Pour se débarrasser de ses concurrents, il faut découvrir leur point faible et toujours viser là où ça fait mal. C’est en tout cas la théorie que j’applique au quotidien. Je vous ai déjà parlé de Jack mon mortel rival ici.

Petit résumé des épisodes précédents : Jack occupe un poste similaire au mien, et bien que cela m’arrache la barbe de l’avouer, il travaille plus que bien. Ce couillon a été s’enticher cet été avec une de mes stagiaires retournées depuis dans sa province contrariant la règle du no zob in job.

Depuis que sa petite amie vit loin de lui, j’ai senti un certain coup de mou chez Jack. Ce bûcheur né, naguère aussi besogneux qu’un tisseur de tapis kirghiz, est moins performant. Soyons clair, il est loin d’être devenu un cancre, mais la fougue d’antan n’y est plus voilà tout ! Il est devenu bien négligent : il part chaque jour avant 18h30 et pousse l’outrecuidance jusqu’à remettre les mêmes boutons de manchettes deux jours de suite… Bref il a jeté l’éponge et ne brigue plus la place de jeune mâle alpha de la société.

J’ai d’ailleurs eu la confirmation que ce couillon était amoureux car il a essayé de planifier en douce un nouveau stage pour sa dulcinée. Malheureusement Blue Bottle était là, tapis dans l’ombre, prêt à suriner quiconque lui offrait ses omoplates. Ce qu’il fit.

Il a d’abord commencé par en faire une discrète demande de stage auprès de la hiérarchie qui était à deux doigts de valider. Il lui fallait finaliser la mission et réserver 5k€ pour le défraiement de sa petite : autant dire que l’affaire était emballée puisque nous prenons chaque année quelqu’un ’pour nous filer un coup de main sur l’analyse de certains dossiers.

C’est alors que votre serviteur entra en action. J’ai alors moi-même proposé et vendu une autre option à nos chers supérieurs : pourquoi ne pas prendre un étudiant en alternance pour suivre un des dossiers chauds en plus de l’assistance quotidienne. Une petite tape dans le dos du boss et trois bises aux secrétaires me permirent de convaincre les autorités.

Après avoir pillé la ligne budgétaire de Jack, je réussis à trouver non sans mal un bout de budget pour compléter les émoluments conséquents de mon stagiaire (12k€ environ.

Privé de mission, de ligne budgétaire et même de bureau, mon petit stratagème sonna le glas des projets de Jack…

C’est l’annonce du verdict, qui me fit le plus plaisir. Je me régalai tant de voir son petit minois se décomposer que j’eus vraiment du mal à contenir mon excitation. Ce genre de petites scènes qui illustrent mon pouvoir naissant ne font qu’accroître ma soif de pouvoir... Décidément qu’il est bon d’écraser son prochain !
Par Blue Bottle
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Mercredi 21 novembre 2007
Par Blue Bottle

secr--taire.jpg Sophie mon ancienne secrétaire est partie, disons plutôt qu'on ne l'a pas gardée. C'est peut-être une coïncidence mais c'est juste après mon rendez-vous avec la nouvelle RH que cette décision a été prise.

Par principe je suis opposé à l’idée de prendre de des subalternes en contrats à durée indéterminée, car rien ne vaut l’intérim. L'intérimaire de base est tellement plus facile à diriger et à exploiter : il doit plier à toute demande, même lorsqu’elle est objectivement abusive… Et croyez-moi j’abuse ! C'est amusant de voir que certains tentent de se rebeller lorsqu'on leur demande d'effectuer des heures supplémentaires non rémunérées. Je leur réponds toujours que c’est leur droit et que je comprends parfaitement d’un ton paternaliste. Mais la sanction est simple et immédiate : on ne leur renouvelle pas leur contrat ! La plupart acceptent en espérant entrer dans le groupe et bénéficier des nombreux avantages à commencer par la paye et les vacances. D’ailleurs je pense essayer de faire recruter un ancien ouvrier du bâtiment mais je ne sais pas encore pour quelle mission, car j’ai une salle de bain à refaire… Mais je m'égare.

Sophie était travailleuse et très disciplinée, une soumission totale à l’autorité ! J’aurais presque pu la garder mais voilà il y a avait un hic de taille. Elle était malade, un mal mystérieux qui décime au hasard les belles femmes de 30 ans : Sophie était tombée enceinte… Elle essayait pitoyablement de le garder secret, mais comment ne pas remarquer ses larges pulls bouffants ? Elle qui s'habillait plutôt ajusté ! Comment ne pas voir qu’elle s’empiffrait à toute heure ! Je ne tardais pas à en avoir la confirmation par une secrétaire qui me fit jurer de ne pas le répéter. Etre enceinte au moment de négocier son entrée dans la boîte, ce n'est pas malin ! Une femme enceinte est incroyablement improductive à cause de ces petites indispositions quotidiennes, elle est également beaucoup moins efficace à son travail en rêvant aux futures chaussettes trop mignonnes qu'elle va offrir à son poupon ! Mais à vrai dire, ce n'est pas ce qui me faisait peur car tout le travail que ma secrétaire ne fait pas, je le délègue à mes stagiaires !

Non, s'il était hors de question que je garde une femme enceinte c'était avant tout pour des questions que j'estime relever des conditions de travail et de qualité des locaux. A l'instar de Bill Clinton, comment voulez vous que je sois efficace et concentré si je travaille au quotidien avec une vache laitière à moins de 3 mètres de mon bureau ?!? Si j’avais voulu travailler avec des grosses j’aurais plutôt tenté ma chance dans une halle aux poissons ! J'ajoute que chaque jour le cadre a besoin de regarder les courbes avantageuses de son assistante, de jauger ses fesses à chaque fois qu'elle quitte son bureau. En ces jours de grèves SNCF et RATP, j'ai moi aussi quelques revendications, est-ce trop demander? Dois-je m'inscrire à la CGT ou à Sud Rail pour avoir gain de cause!

Je concède que j'ai dû batailler pour la faire virer, mais le jeu en vaut la chandelle. J’ai hâte de recevoir mon nouveau jouet pour Noël ! D’ailleurs j’en profite, si une assistante sexy passe par ici, j’ai un poste en or massif à lui proposer.

 

Par Blue Bottle
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Lundi 8 octobre 2007

La clé du succès quand on est une ordure opportuniste comme moi c’est avant tout de se tenir toujours au courant. Il faut en permanence connaître les projets qui tiennent à cœur aux chefs et connaître le positionnement de ses ennemis (enfin ses collègues). L’opportuniste peut ainsi s’incruster n’importe où, comme si de rien n’était.

Je vous parlais déjà dans un précédent billet, je soudoie régulièrement les secrétaires à grands renforts de boîte de chocolats bon marché (5€ l’unité tout de même). C’est le B-A-BA de l’information. Une secrétaire est par définition :

- une femme

- bavarde

- qui a accès à une quantité d’information astronomique car elle lit les mails de ses patrons, discute avec ses collègues et gère la paperasse et les comptes-rendus de réunion etc…

Toute ma démarche de séduction de la secrétaire est méthodiquement calculée, un petit sourire de ci de là, une petite blague par ici et l’affaire est dans le sac. La secrétaire a l’habitude d’être mal considérée ce qui en fait une proie facile, la moindre attention la touchera et vous en fera une précieuse alliée. Il vous suffit ensuite de la laisser parler, elle est bavarde!

 

La seconde source d’info : c’est l’ordinateur de vos collègues. Il faut de temps en temps fouiner un peu pour  vous tenir informer. J’écarte d'emnlée le cas où il n’y a pas de login sur l’ordinateur (trop simple).

Dans la plupart des cas, il faut déverrouiller la bécane avec un mot de passe. Dans ce cas deux choix s’offrent à vous :

1- vous attendez que votre collègue parte vacances/voyage et là vous l’appelez en catastrophe car vous avez besoin d’un fichier qu’il a gardé sur son ordinateur. Bonne poire, il vous donnera son mot de passe dans 95% des cas.

2- Opération un peu plus délicate, il vous suffit de prétexter une urgence mais malheureusement votre ordinateur est en panne (vous en avez juste pour 5 minutes)

Je vous conseille ensuite de vous munir d’une clé USB à forte capacité (2 giga me paraît un minimum) et de copier tous les répertoires qui vous semblent intéressants. Attardez-vous sur les comptes-rendus de mission et n’oubliez pas de faire une recherche à « perso »… Les gens ont toujours la mauvaise habitude de vous indiquer les dossiers auxquels vous ne devriez pas avoir accès. N’oubliez pas de vérifier s’il a CV à jour ce qui signifie en générale que votre collègue est prêt à partir.

Soyons clair, s’introduire sur un ordinateur à l’insu de ses petits camarades n’est pas très fair play mais tellement efficace…

Une fois que vous aurez tous ces informations en main, à vous de jouer et de sélectionner les meilleurs plans!

 

Par Blue Bottle
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Jeudi 4 octobre 2007

COEUR.jpeg Ma stagiaire Virginie a bientôt fini son stage, plus que deux jours et elle sera de retour chez elle, dans le sud. Comme prévu, elle a bien du mal à suivre la charge que je lui ai imposée. Elle est d’ailleurs venue pleurnicher la semaine dernière, en me racontant tous ces problèmes de transport et de fatigue… 1h30 matin et soir tout de même ! Je lui ai alors sorti ma botte secrète :

- je comprends, ce n’est pas facile. Tout le monde ne peut pas suivre le rythme, je te conseille de passer quelques concours dans la fonction publique, je suis sur qu’une municipalité sera contente de t’embaucher.

En prononçant « fonction publique » j’ai tout de suite vu dans ces yeux une profonde vexation. Elle s’est naturellement remise au travail pour me prouver qu’elle valait mieux que cela.

Je ne savais pas trop comment se passait l’idylle de Jack et Virginie, j’ai de ce fait profité de l’absence de Jack pour fouiner dans ses mails, c’est vraiment tellement pratique la modernité ! La boite mail de certaines personnes constitue une source d’informations plus précise qu’un journal intime.

A y regarder de plus près, Jack et Virginie étaient plus que jamais ensemble. La fréquence et la teneur des messages était divinement pathétique à base de  « tu me manques déjà mon petit pingouin ».

Dans l’état actuel des choses je ne peux pas faire grand chose de plus pour asticoter mon collègue, la perspective de départ de Virginie semble déjà beaucoup le faire souffrir. Je ne puis que m’amuser à faire quelques réflexions sur la vie de débauche de Virginie qui rentre dans sa dernière année d’école de commerce.

Telle une méduse je déploie mes tentacules et j’attends patiemment, je me laisse porter par les courants chauds. Lorsque l’envie m’en prend, je tourmente ma secrétaire en intérim. Tout le jeu étant de lui donner des tâches simples et ingrates et de lui démontrer qu’en fin de compte, elle n’est même pas capable de les effectuer correctement. En bon manager je conclus toujours par une phrase bidon pour la motiver : « Sophie, donne-moi envie de te garder en CDI ! ».

EDIT: saleté de stagiaire, ça part à 14h pour cause de mal de ventre en me laissant un dossier et ça voudrait toucher plus que 30% du Smic! Il manquerait plus que je rembourse aussi la moitié de la carte orange!

Par Blue Bottle
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Vendredi 28 septembre 2007

m-zebra.jpg Faire naître des amitiés totalement artificielles a toujours fait partie intégrante de ma stratégie, mais il faut bien entendu cibler et évaluer le temps perdu à sociabiliser par rapport aux gains éventuelles. C’est dans cette optique que je veux depuis longtemps me rapprocher d’un directeur de ma boîte et peut-être devenir son poulain. Le directeur de mon service avait tout du candidat idéal : solitaire, assez haut dans la hiérarchie (3 échelons au dessus de moi tout de même), sans être le calife des califes inatteignable.

Malgré ma bonne tête et une empathie certaine, je n’étais jamais parvenu à me rapprocher de lui… Telle une pucelle effarouchée, il fuyait dès que je tentais d’aborder des sujets d’ordre privé. C’est au cours d’une conversation avec une secrétaire que j’ai découvert son point faible : les cichlidés.

Ayant négligemment jeté une revue spécialisée, sur mon bureau, le petit bougre terne et maussade de passage dans mon antre se dérida instantanément… Nous parlâmes bien longtemps. Balayant mes objections, il me fit l’article du 240L (pour commencer) et croyez-moi c’est déjà une vraie baignoire. S’en suivit un rapide exposé sur ses « M’Buna », des cichlidés vivants exclusivement en Afrique dans le lac Malawi. Ces poissons ont notamment la particularité de garder leurs petits dans leur bouche pour les protéger des prédateurs. Fantastiquement pathétique… Officiellement, je fus pris d’une passion sans limite pour ces attachantes petites créatures, et ma foi, je confesse que la perspective d’enfermer des êtres vivants chez moi, jusqu’à leur mort ne fut pas sans me déplaire.

J’ai donc profité des dernières promotions pour m’acheter un aquarium 240L avec le matériel et les poissons qui vont avec : des Lamprologus du lac Taganyka. Ils sont tous morts en 3 jours... Mais pas de panique, mon nouvel ami était là pour m’expliquer mon erreur :je n’avais pas respecté le sacro-saint « cycle de l’eau ».

Seul le résultat compte, l’opération « séduction du directeur » est un succès… Je le tutoie désormais… Il m’a même proposé de l’accompagner prochainement à une bourse aux poissons, à l’étranger !

Suite des Vélib lundi.

Par Blue Bottle
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