Par Blue Bottle

Il y a quelques temps je croisai une ancienne camarade de classe que j’avais connu au collège. En gentil
garçon je lui avais offert un surnom quelle garda pendant toute sa scolarité : boule de pus. Il faut dire qu’à l’époque, elle souffrait d’une acné généreuse et que son style vestimentaire très
catho-Versailles n’aidait en rien à la mettre en valeur. Toujours est-il que boule de pus avait bien changé et que j’aurais bien croqué la pomme. Je représentais malheureusement toujours un
bourreau en culotte courte pour elle et rien n’était possible. Après avoir tenté en vain une approche, je me suis souvenu qu’elle était depuis toujours la meilleure amie d’une bombasse que j’avais
beaucoup fréquenté. Disons même que je l’avais beaucoup poursuivi et que j’avais eu l’honneur de l’honorer dans le lit parental pendant plusieurs mois.
Dans leur relation, la répartition des tâches était simple. Boule de pus était la moche à qui l’on parle pour s’approcher de la bonasse et les courtisans écartés se rabattaient parfois sur la
moche… Une sorte de gagnant gagnant avant l’heure. Toujours est-il que j’eus la présence d’esprit de demander le numéro de la bonasse à de boule de pus.
Le week-end dernier j’étais célibataire, ma dulcinée était partie pour le week-end vers une destination quelconque, peu importe. Ce que je voyais, moi, c’est que je n’avais pas envie de sortir et
que je refusais à m’abaisser à me préparer moi-même à manger. J’ai donc pris mon téléphone pour appeler la bonasse qui était à la fois étonnée et heureuse d’entendre ma voix. Après une rapide
discussion, je l’invitais à venir à la maison à la condition qu’elle cuisine. Tant mieux, me répondit-elle car elle adorait préparer la bouffe. Je m’en frottais les mains d’avance. Elle m’avait
promis un solide dîner, je lui avais parlé d’un dessert qu’elle n’oublierait pas : j’avais prévu de l’enduire de chocolat avant de la dévorer.
Cette maudite fatalité vint malheureusement contrecarrer mes plans, le-dit soir quand la bombasse arriva, j’eus une vision d’horreur… Ce corps naguère parfait avait été avili par un régime sans
doute composé exclusivement de Big Mac et de saindoux. En une décennie, elle s’était lestée de 25 kilo au bas mot. Moi qui m’étais offert une boite de Durex high tech vibrant pour l’occasion… Le
repas fut correct mais sans plus, à 22h je prétextai une urgence pour me débarrasser du monstre.
La loi de la nature est imparable, j’aurais dû m’en douter… Le nombre de bonasses sur terre est constant. A chaque fois que bombe naît, une beauté se fane irrémédiablement.