Chronique d’une journée de shopping ordinaire

Publié le par Blue Bottle

Par Blue Bottle

costard.jpgJe me suis récemment rendu aux soldes pour profiter d’affaires exceptionnelles (* jusqu’à –70%), c’est en tout cas ce que me promettait la devanture du grand magasin. L’agencement impeccable de ces magasins leur donne une atmosphère propice à attirer la donzelle certes, mais rebute le mâle dominant que je suis. Il était manifeste que ce monde factice n’avait été agencé que pour tenter d’extraire quelques-uns uns de mes précieux euro.
Je décidais de dépasser cette première impression pour me concentrer sur la recherche d’un nouveau costard qui pourrait en mettre écraser quelques collègues bien arrogants dans leurs Hugo Boss dégriffés. Mon regard croisa soudain celui d’une responsable de rayon bien sympathique, du genre mannequin de chez Elite faisant des heures sup’. Tel le prédateur affamé je me dirigeai d’un pas décidé vers la belette esseulée. C’est alors qu’apeurée, sans doute par la superbe de ma prestance, la bête fit mander un de ces grouillots pour qu’il s’occupât de moi… Il s’agissait d’un estranger courtaud et ventripotent. Je faillis être séduit par l’ambiance « coloniale » qui régna l’espace d’un instant, mais voilà, le petit bonhomme dans son costume bon marché manqua à tous ses devoirs de déférence et me ramena bien vite à la triste réalité. Déçu, je pris alors un malin plaisir à choisir un vocabulaire fleuri et relativement incompréhensible pour qualifier mon futur costume.

- Je cherche un costume à la fois trendy et smart. Pour le tissu je pensais à un élégant pinstripe. Vous voyez quelque chose d’un peu sobre qui ne fasse pas trop parvenu et qui puisse me permettre de conforter ma prestance tout en conservant flegme et nonchalance. Lui lançai-je d’un ton UMPiste à la limite du Jean Sarkozy.

Les yeux du rastaquouère trahissaient sa détresse à chacune de mes exigences mais il finit par me proposer au pifomètre un quelconque costume à larges rayures : une merde italienne bien clinquante. Me prêtant au jeu, je l’enfilai et je décidai alors de faire un petit cadeau à l’être qui aurait l’indécence d’acheter cette guenille: en tirant délicatement sur la poche je pus glisser un malabar goût bubble gum, dont je sais par expérience qu’il s’incruste au plus profond des fibres. M’esclaffant bruyamment sur le « conseil merdique » que le vendeur m’avait prodigué, je m’éloignai rapidement, le sentiment du devoir accompli…
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Destinée 14/02/2008 10:36

BB,
à faire autant de mal, tu finiras prêtre. Fais attention! ou pire Pape!

Blue Bottle 14/02/2008 12:23

Nan PM, je n'ai pas le profil, je ne suis pas du tout attiré par les enfants!

Silence 14/02/2008 01:25

Personnellement je ne vais jamais aux soldes, c'est la période où la plèbe fourmille dans les rayons... Je m'y suis rendu une fois pour observer à quel point les gens "s'animalisent" dès qu'on baisse "le prix du pain d'un ou deux francs". Pathétique.

Blue Bottle 14/02/2008 09:39

J'ai bassement cédé à l'euphorie général avec les "super affaires exceptionnelles" mais on ne m'y reprendra plus. C'est pendant les périodes de soldes qu'on voit la vraie nature des gens, la petite couche de fraternité s'écaille laissant place à la bête.

Scolopendre 12/02/2008 17:00

Un malabar que vous avez mâchez dans votre cabine d'essayage ?
Vous êtes vraiment le roi des porcs !

Mais grâce à cette astuce,je présume que ce costume sera dégriffé et sera porté par un de vos souffre-douleurs !