Biroute à Beyrouth

Publié le par Monsieur Bûche

Par Monsieur Bûche

 

Les boîtes beyrouthines, c’est que du bonheur. Il faut juste savoir que le verre en boîte, c’est quand même 15 dollars. A un kilomètre à vol d’oiseau se trouvent les camps palestiniens de Sabra et Shatila, dont la valeur foncière totale vaut un demi verre, sans les glaçons.
boite-de-nuit2.jpg
Mais il y a plus d’acquéreurs pour les verres que pour les camps, ce que je comprends aisément, car la misère, c’est bien mieux à la télé.

Bref, c’est 15 dolls le verre. L’étudiant avisé aura donc la sagesse de s’en mettre une bonne avant, parce qu’à ce prix là, mieux vaut ne pas avoir à trop s’entretenir. Je ne vous cache pas que le secret, en fait, c’est d’arriver en boîte complètement ramassé.

J’avais réussi à tromper la vigilance du videur, ayant rassemblé toutes mes forces pour ne pas tituber à l’entrée. J’ai ensuite choisi un poste d’observation, en hauteur, car il faut savoir jouer des avantages du terrain pour pouvoir embrasser la salle d’un regard.
Qui plus est, faire semblant d’être net m’avait épuisé. Et l’avantage d’avoir l’œil vitreux, c’est qu’elles peuvent mieux se voir dedans.


Je passai en mode requin. Bien calé, j’aidais un mur à tenir debout tout en scrutant de potentielles victimes, en préparant une approche mettant en exergue mon immense sensibilité. Car je suis un grand sensible. Surtout de la grosse veine bleue, mais ça, il est souvent trop tard pour elles quand elles s’en rendent compte.


La braguette aux aguets, je scannais la salle, tel Shwarzy dans Terminator, avec élimination d’office de tout ce qui ne ressemblait pas à une bonne cochonne des familles avide de mourir d’une hémorragie anale.

Soudain, j’en repérai une dont la croupe se tortillait tellement que j’aurais juré qu’elle avait appris la samba à un troupeau de vers solitaires.

boite-de-nuit.jpgElle empestait l’assurance, sachant pertinemment que tout sexe fort aurait vendu père et mère pour pouvoir lui repeindre la caverne en blanc. Je m’attelai donc à la tâche, et abordai sa copine moche, feignant de ne pas l’avoir remarquée. Un quart d’heure après, elle m’abordait pour me demander de lui servir d’alibi, parce que « y’a trop de mecs qui me collent, viens on leur fait croire que t’es mon mec comme ça ils vont me lâcher ».

« J’adore les plans qui se déroulent sans accroc » comme le dit si bien Hannibal.

Une vague discussion me permit de me rendre compte que j’étais tombé sur une championne de la Nouvelle Condition Féminine, celle qui croque les hommes mais qui les impressionne souvent trop pour qu’ils soient efficaces. Je me résolus de la punir au nom de la gent masculine. Victime de son succès, elle avait peur d’être suivie : en bon gentleman, je la raccompagnai à sa voiture. Après avoir bien testé les amortisseurs de son
véhicule, la gourgandine  voulut découvrir mon antre, trop heureuse de tomber sur un « gentil français » hyper respectueux de la touffe.

Et je ne raconterai pas la suite ici, j’aurais trop peur d’être vulgaire.

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Vince 22/11/2011 15:16

Bravo, je dis mille fois Bravo...
PT de rire sur ce billet et sur les autres aussi d'ailleurs ( à part un dérapage ou deux - volontairement - incontrollé )
Je sais reconnaître un artiste quand j'en vois un - Chapeau Monsieur.

Monsieur Bûche 13/11/2007 15:01

@Hanakin: eh non, peau d'bite, c'était pas publiable sur l'autre ça.

Blue Bottle 13/11/2007 10:33

Cher Monsieur Bûche,
Vous êtes un véritable artiste de la bébête qui pratique la frappe chirurgicale de touffe.

nobody 13/11/2007 01:18

encore du resucé ca .....

Scolopendre 11/11/2007 17:50

Vous devriez mettre au debut du billet
posté par Monsieur Buche" en gros ou par B Bottle pour une visualisation immédiate de l'auteur.

Blue Bottle 12/11/2007 13:43

Très bonne idée!