Mercredi 27 février 2008
J’ai un ami
fonctionnaire, j’entends d’ici vos cris d’orfraies : « Ah, berk ! Blue Bottle côtoie des petites gens ». J’en suis désolé moi-même mais chacun a ses pauvres, moi j’ai mon fonctionnaire. J’ai connu
le bougre au lycée, il brillait déjà à l’époque par sa capacités à se fondre dans le décor tel le caméléon sur un arbre perché. Il avait une technique de mimétisme très impressionnante qui
consistait en de lents et amples mouvements pour ne faire qu’un avec son camarade de devant. Il était de fait rarement interrogé par les prof. De tout temps il a brillé par sa transparence grâce à
une solide volonté de ne jamais sortir du rang. Son ambition n’a jamais dépassé le la contemplation du monde, assis dans un siège IKEA, un verre de mauvais vin à la main. Un Jean-Foutre sans
vergogne, répondant : « Keskya ? Je m’en bas les steack ! » à toute demande un peu trop pressante.C’est en toute logique par la suite qu’il a embrassé une carrière dans la fonction publique. Il s’est battu pendant 5 ans pour obtenir un bureau dans lequel il serait seul pour pouvoir glander. Son travail est tout aussi inintéressant que répétitif : il étudie des dossiers de demandes à longueur de journées. Il use et abuse de son petit pouvoir pour asseoir sa domination sur le monde, il faut dire qu’il dispose d’une arme ultime : un tampon magique. Il a le pouvoir de dire si oui ou non un dossier est complet avant qu'ils ne passent en commission. Il valide les dossiers au compte goutte et de manière assez aléatoire, quand un dossier ne lui plait pas il le remet en bas de la pile ou le classe parmi les dossiers incomplets. Il rejette systématiquement les dossiers remplis en noir car ils sont trop « déprimant » m’a-t-il confié. Autant vous dire qu’il ne fait preuve de zèle que pour trouver les nouveaux forum de discussion sur lesquels il passe ses journées.
L’ami si tu passes dans le coin n’hésite pas à nous laisser à un petit message.
Par Blue Bottle
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Publié dans : Pensées et philosophie de l'art d'être mauvais
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Communauté : Vive le désordre !
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Hier matin, au marché, je
remarquais que mon vendeur de fromage de chèvre habituel n’était pas au rendez-vous. A sa place se trouvait un barbu grisonnant vendant sa propre production de chèvre. Il avait tout du post
soixante-huitard, à ceci-près qu’il portait à la ceinture une banane remplie de billets. Les produits étaient les mêmes que d’habitude mais les prix étaient exorbitants. Je l’interrogeai sur ses
prix excessifs, qu’aucun honnête catholique n’oserait pratiquer de peur de brûler en enfer. Il me fit alors l’éloge de ses produits en m’expliquant qu’il achetait un fourrage de qualité top bio… En
bon vieux baroudeur barbu, il savait que la seule façon de justifier un prix honteux était d’invoquer la sacro-sainte qualité du produit. Je décidai de creuser l’argumentaire de notre astucieux
marchand. Il me sortit la totale, allant jusqu’aux pathétiques clochettes des biquettes faites par un artisan local. A mon avis, son artisan local s’appelait Chong et faisait travailler une bonne
quinzaine de gosses de 12 ans dans une cave Pékin. Je n’avais rien contre le travail des enfants à fortiori s’ils ont les yeux bridés… Lassé et avide de chèvre, j’avais fini par sortir un billet de
20€, sentant l’affaire conclue il me sorti l’argument : « il veillait notamment à ce qu’elles ne reçoivent jamais d’antibiotiques ». S’en était trop, toutes ses conneries écolo avaient écorné ma
patience, et puis, je n’allais tout de même pas manger des fromages de chèvres malades. Je m’éloignai alors la bourse lourde mais le cœur léger. En partant, je ne pus m’empêcher d’expliquer
discrètement à ma voisine de derrière que j’avais vu les mêmes fromages au Franprix du coin, observant l’étalage d’un oeil nouveau, elle me gratifia d’un clin d’œil complice.
Je commence véritablement à acquérir
de véritables compétences de management : je donne des ordres tout en m’attribuant le travail d’autrui avec une sagacité certaine, à commencer par les rapports.
J’aimerais vous parler aujourd’hui
d’un peuple qui m’est cher : Les Roumains. Certains représentants de ce peuple font preuve d’une telle ingéniosité au quotidien pour abuser de la gentillesse que je me sens un peu roumain dans
l’âme.
Je me suis récemment rendu aux soldes pour profiter d’affaires exceptionnelles (* jusqu’à –70%),
c’est en tout cas ce que me promettait la devanture du grand magasin. L’agencement impeccable de ces magasins leur donne une atmosphère propice à attirer la donzelle certes, mais rebute le mâle
dominant que je suis. Il était manifeste que ce monde factice n’avait été agencé que pour tenter d’extraire quelques-uns uns de mes précieux euro.
Planète : Soleil
Mes très chers amis, je vous le contais dans un de mes derniers billet : je
viens de faire l’acquisition d’un nouveau stagiaire. Une fois n’est pas coutume, j’ai choisi un homme pour m’épauler dans ma lourde mission. Je ne suis pas devenu soudainement homosexuel mais j’ai
décidé de changer de stratégie, je n’avais de toute façon pas le choix : le fait est que la seule candidate attirante m’avait avoué être maman. L’ayant assuré que cela ne posait aucun problème je
m’empressais de ne pas la recontacter.
Lorsqu’on est un ambitieux à la limite de
la mégalomanie, il faut arriver à comprendre les moteurs de ses collègues et supérieurs… Il s’agit ensuite de placer sur le sol quelques morceaux de fromage pour que tous les ratons avancent dans
la direction voulue croyant tomber sur une réserve de gruyère.