Par Monsieur Bûche
On n’insistera jamais assez
sur la différence entre les hommes et les femmes. Bien que la rumeur moderne tente de fondre les sexes dans l’indifférenciation au nom de l’égalité, non, une touffe ne pense pas comme un mâle,
loin de là. Pardonnez cette vérité de la Palice, c’est un préliminaire indispensable pour bien comprendre l’exposé qui va suivre.
Si les sagesses populaires abondent dans le sens du mâle incapable de contrôler ses pulsions (les « une bite n’a pas d’œil », « un trou est un trou », etc.), il est vrai qu’on
peut légitimement se demander si le corps masculin contient assez de sang pour irriguer à la fois la bite et le cerveau. J’en suis la preuve vivante, il m’est arrivé de niquer une grosse moche
dans une douche de camping, tout bourré que j’étais.
Par contre, on ne trouve rien dans le savoir vernaculaire au sujet du désir de ces dames. Il faut se tourner vers des sources plus littéraires pour appréhender l’animal : ainsi, on apprend
que « la femme est le chef d’œuvre de Dieu, pourvu qu’elle ait le diable au corps ».
Mais comment l’attrape-t-elle donc, ce diable ?
Les recherches sont formelles : le désir féminin est inexplicable, comme le montre le ô combien chiant « Homme qui aimait les femmes » de Truffaut.
Il existe pourtant quelques « trucs » pour les amadouer. Car les femmes se refusent obstinément à voir la vérité en face : derrière un « si on allait boire un verre »
masculin, il y a toujours un « quand-est ce que je t’ouvre le cul comme un livre ». Et elles s’imaginent qu’un jour, elles vont tomber sur « un mec différent ».
Lapalissade, une fois de plus, me direz-vous, avec raison.
Voilà une petite technique amusante pour passer pour ce pauvre type aux yeux de votre proie.
Certaines relations commencent à l’improviste, et il n’y a rien de mieux que de tomber sur une petite sainte nitouche de 20 ans ignorant tout de vos précédents scabreux.
Evitez à tout prix les bonnes blagues genre « tu connais la durée de vie d’une moule ? Douze ou treize ans, parce qu’après, ça a des poils et ça s’appelle une chatte ». Vous
compromettriez rapidement le succès de l’opération.
Après un verre, proposez un film, en tout bien tout honneur, « entre potes » (comme si l’amitié pure entre les sexes pouvait exister, j’adore l’hypocrisie de cette expression) sur le
canapé du salon. Si elle n’a pas vu Ratatouille, son compte est bon.
Précisez qu’ah tiens, Ratatouille, pourquoi pas, je l’ai vu y’a longtemps mais j’ai teeeeellement aimé, c’est un tel chef d’oeuvre que je serais ravi de le revoir une deuxième fois en ta
compagnie.
Et seul « un mec bien » peut apprécier de tels bas fonds de sentiments de Foire du Trône.
Car ce film, dont l’homme savourera la prouesse technique autant qu’il méprisera sa niaiserie égalitariste sans bornes, suscite des réactions amélipoulanesques chez un clitoris normalement
constitué. Ce déversemement mielleux de bons sentiments de supermarché déclenche une infinie compassion, un réel désir de faire le bien, immédiatement, tout de suite. Quoi de plus
naturel que de se tourner vers ma bite ?
Je l’ai vu huit fois. Elles ont toujours la bouche pleine dès le générique. Essayez donc Ratatouille, il n’y a rien de mieux pour leur beurrer le moule.